Bitt-Boy – Chapitre VI.04

Petites nouvelles russes - Bitt-Boy - Roger Burgi - L'adieu à Cécilia
Roger Burgi - L'adieu à Cécilia

BITT-BOY, LE PORTE-BONHEUR

Корабли в Лиссе

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Глава шестая- Chapitre six

Четвёртый эпизод - Episode quatre

В душе каждого нёсся, распевая, свой ветер: ветер кладбища у Битт-Боя, ветер движения – у Эскироса. Капитан свистнул боцмана. Палуба, не прошло десяти минут, покрылась топотом и силуэтами теней, бегущих от штаговых фонарей. Судно просыпалось впотьмах, хлопая парусами; всё меньше звёзд мелькало меж рей; треща, совершал круги брашпиль, и якорный трос, медленно подтягивая корабль, освобождал якорь из ила.

Битт-Бой, взяв руль, в последний раз обернулся в ту сторону, где заснула Королева Ресниц.

«Фелицата» вышла с потушенными огнями. Молчание и тишина царствовали на корабле. Покинув узкий скалистый выход порта, Битт-Бой круто положил руль влево и вёл так судно около мили, затем взял прямой курс на восток, сделав почти прямой угол; затем ещё повернул вправо, повинуясь инстинкту. Тогда, не видя вблизи неприятельского судна, он снова пошёл на восток.

Здесь произошло нечто странное: за его плечами раздался как бы беззвучный окрик. Он оглянулся, то же сделал капитан, стоявший возле компаса. Позади них от угольно-чёрных башен крейсера падал на скалы Лисса огромный голубой луч.

– Не там ищешь, – сказал Битт-Бой. – Однако прибавьте парусов, Эскирос.

Это и то, что ветер усилился, отнесло бригантину, шедшую со скоростью двадцати узлов, миль на пять за короткое время. Скоро повернули за мыс.

Dans leur âme chantait le vent : le vent du large et de l’aventure dans celle d’Esquiros, un souffle venu d’outre-tombe dans la poitrine de Bitt-Boy.

Le capitaine siffla le maître d'équipage. Moins de dix minutes plus tard, des pas et des ombres couraient sur le pont, seulement éclairés par la faible lueur des lanternes. On entendit le grincement de la chaîne s’enroulant autour du guindeau, soulevant l'ancre du limon, libérant lentement le navire qui s’éveillait dans la nuit. Ses voiles déjà battaient au vent, cachant ainsi aux mâts les étoiles du ciel.

Bitt-Boy saisit la barre et se tourna une dernière fois vers la ville où Cécilia, Reine des cils, dormait encore.

La Felicità’ quitta le port, tous feux éteints. Le silence, seulement le silence régnait à bord. Passant l'étroit affleurement rocheux à l’entrée de la rade, Bitt-Boy tourna brusquement la barre à bâbord et continua dans cette direction un mille nautique environ, puis il mit le cap droit vers l'est, virant presque à angle droit, puis tourna à nouveau à tribord, obéissant ainsi à son instinct. Quand il fut rassuré que le vaisseau du corsaire ne les eût pas suivis, il se dirigea, définitivement cette fois-ci, vers l'est.

A ce moment-là, quelque chose d'étrange se produisit : il y eut comme un cri silencieux déchirant la nuit. Bitt-Boy regarda autour de lui, tout comme le capitaine, qui se tenait près du compas. Là-bas, derrière eux, depuis les cheminées noircies du croiseur corsaire, un puissant faisceau de lumière bleue s’écrasa sur les rochers qui fermaient le port.

"– Kaper, damné pirate, tu nous cherches au mauvais endroit ! s’exclama le pilote. Mais faites donner par prudence plus de voiles, Esquiros…"

Ainsi, alors que le vent forçait, le brigantin gagna en peu de temps une vitesse de vingt nœuds et s’éloigna de cinq milles nautiques. Bientôt, le navire contournait le cap.