Les soirées de Moscou

Les soirées près de Moscou (Подмосковные вечера), Georges Ots (Георг Отс), 1962

Les soirées près de Moscou
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Подмоско́вные вечера́

Comme il est difficile de dire ou ne pas dire...

Musique : Vassili Soloviev-Sédoï (Василий П. Соловьёв-Седой)

Paroles : Mikhaïl Matoussovsky (Михаил Л. Матусовский)

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(1955)

Comme égarée dans un documentaire en l'honneur de la Spartiakade de Moscou en 1956, cette chanson ne devait être qu’un bref ‘entracte’ au milieu d'images sportives...

Не слышны́ в саду́ да́же шо́рохи,
Всё здесь за́мерло до утра́.
Eсли б зна́ли вы, как мне до́роги
Подмоско́вные вечера́.

Ре́чка дви́жется и не дви́жется,
Вся из лу́нного серебра́.
Пе́сня слы́шится и не слы́шится
В эти ти́хие вечера́.

Что ж бы, ми́лая, смо́тришь и́скоса,
Ни́зко го́лову наклоня́?
Тру́дно вы́сказать и не вы́сказать
Всё, что на́ сердце у меня́.

А рассве́т уже́ всё заме́тнее.
Так, пожа́луйста, будь добра́.
Не забу́дь и ты э́ти ле́тние
Подмоско́вные вечера́.

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Dans le jardin on n'entend ni même un bruissement,
Tout ici est comme figé jusqu'au matin.
Si vous saviez combien me sont chères
Les soirées près de Moscou.

La rivière coule et ne s’écoule pas,
Tout argentée de lune.
On entend une chanson, puis on ne l’entend pas
En ces soirées tranquilles.

Eh bien, ma douce, pourquoi ce regard,
Pourquoi baisser la tête ?
Comme il est difficile de dire ou de ne pas dire
Tout ce que j’ai dans le cœur.

Déjà l’aube se fait plus sensible.
Alors, je t’en prie, sois gentille.
N'oublie pas toi non plus ces soirées d’été
Passées près de Moscou...

De Leningrad à Moscou, itinéraire d’une chanson :

Le compositeur, Vassili Soloviev-Sedoï (Василий П. Соловьёв-Седой) (1907-1979), natif de Léningrad, désirait au départ que la chanson s'intitule ‘Les soirées de Leningrad’ (Ленинградские вечера), mais à la demande du ministère soviétique de la culture, la chanson et son titre ‘déménagèrent’ dans ‘Les environs de Moscou’… pour les raisons sportives !

Vassili Soloviev-Sedoï se ‘rattrapa’ quelque temps plus tard en composant la musique de la chanson ‘La chanson du soir – Ecoute Leningrad’ (Вечерняя песня - Слушай Ленинград…) : Ecouter sur Youtube, sur des paroles d’Alexandre Tchourkine (Александр Дмитриевич Чуркин).

‘Les journées de la Spartiakade’ (1956) (В дни спартакиады) - Extrait.

Une chanson aux paroles ‘bizarres’ pour un film sportif :

La chanson était une commande destinée à figurer dans un long documentaire en plusieurs parties célébrant la Spartiakade des peuples de l’URSS (Спартакиада народов СССР) qui se déroula en 1956 à Moscou. Comme égarée dans cette ode au sport, avec ces mots en guise d’introduction :‘Et quand vient le soir…’ (А когда наступил вечер…), elle n’était en quelque sorte qu’un bref ‘entracte’ et aurait pu passer inaperçue au milieu de toutes ces images sportives.

Petites nouvelles russes - Spartakiade
Spartakiade de 1956 à Moscou

Spartiakade (спартакиада) : compétition sportive de masse réunissant plusieurs disciplines sportives en URSS ainsi que dans d'autres pays, en particulier du bloc socialiste. La première Spartiakade de Moscou se déroula en 1928. Toujours existantes dans la Russie actuelle, les Spartakiades se voulaient/se veulent le pendant des Jeux olympiques dont fut longtemps – jusqu’en 1952 - privée l’URSS (et aujourd’hui, à nouveau, la Russie, depuis 2021, à la suite d’une affaire de dopage généralisé).

La chanson et ses paroles ‘bizarres’ où, à la fois, ‘on entend et on n’entend pas’, où ‘la rivière coule et ne coule pas’ et où il est si ‘difficile de dire et de ne pas dire’, fut refusée par l’interprète le plus populaire de l’époque, Mark Bernès (Марк Наумович Бернес). Pourtant, elle connut rapidement le succès populaire, interprétée par le comédien Vladimir Trochine (Владимир Константинович Трошин) (1926-2008).

Vladimir Trochine (Владимир Трошин), Подмосковные вечера, 1956

'Les nuits de Moscou', Georges Ots

Des ‘Nuits de Moscou’ au ‘Temps du muguet’ :

Dans les années qui suivirent sa création, la chanson connut un succès international dont témoignent les nombreuses versions en de nombreuses langues.

En français, une version se voulant proche du texte russe original fut chantée par Georges Ots (Георг Каaрлович Отс). Lire les paroles.

Mais la version française la plus connue est incontestablement celle qu'interpréta en 1959 Francis Lemarque : Le Temps du muguet’, dont le titre (et les paroles - lire) s’écartent totalement du sujet initial tout en conservant à l’ensemble son aspect nostalgique…

Francis Lamarque, Le temps du muguet, 1959

Mireille Mathieu, artiste célèbre dans l’ex-URSS, l’a reprise, en français et en russe, en concert-live à Moscou en 1987…

'Le temps du Muguet', Mireille Mathieu en concert-live à Moscou, 1987

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