Valse de guerre – Les vagues…

Petites nouvelles russes - Valse de guerre - Danube - les Portes de fer
Le Danube près des Portes de fer en Roumanie

Les vagues du Danube - Дунайские волны

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Titre original :

Valurile Dunării (en roumain), Дунавски валови (en serbe)


Compositeur : Iosif/Ion Ivanovici (1880)

Auteur des paroles en russe : Ievgueni Dolmatovski (Евгений Долматовский) (1948)

Une valse pas tout à fait russe… !

A l’origine, partition seulement musicale, par la suite plusieurs paroliers russes ont ajouté leur vers. La version que nous vous présentons évoque ici, bien entendu, la guerre et ses soldats. Elle a été écrite par le poète russe Ievgueni Dolmatovski (Евгений Долматовский) après la Seconde guerre mondiale. Elle évoque la 'libération' par les troupes soviétiques des pays parcourus par le grand fleuve...

Видел, друзья, я Дунай голубой,
Занесён был сюда я солдатской судьбой.
Я не слыхал этот вальс при луне,-
Там нас ветер качал на Дунайской волне.

Видел отважных советских ребят,
Славных друзей и хороших солдат.
Тех, что на Волге сраженье вели
И на Дунай пришли.

Девушки нежно смотрели им вслед,
Шли они дальше дорогой побед
И отражением Волжской волны
Были глаза полны.

Нынче друзья собрались за столом,
О знакомых местах, о Дунае споем.
В жарких боях защитив этот край,
Мы свободу твою отстояли, Дунай!

J'ai vu, mes amis, le Danube bleu,
J’ai été amené jusque là par le sort du soldat.
Je n'ai pas entendu cette valse au clair de lune, -
Là, le vent nous a bercés sur les vagues du Danube.

J'ai vu de braves garçons soviétiques
De bons amis et de bons soldats.
Ceux qui ont combattu sur la Volga
Et qui ont atteint le Danube.

Les filles les regardaient avec tendresse,
Ils sont allés toujours plus loin sur la route des victoires,
Leurs yeux reflétant les flots de la Volga.
.
Aujourd'hui mes amis, réunis autour d’une table,
Nous chanterons ces lieux qui nous sont familiers,
Nous chanterons le Danube.
Après avoir défendu cette terre dans d’âpres batailles,
Au combat, nous avons sauvé ta liberté, ô Danube !

"Au combat, nous avons sauvé ta liberté, ô Danube !"...

Cette valse fut composée en 1880 par Iosif/Ion Ivanovici, Roumain d’origine serbe, qui occupait à l’époque le poste de chef d'orchestre de la fanfare du 6e régiment d'infanterie roumaine de Galati en Roumanie, aux portes du delta du Danube. La valse devint dans les années qui suivirent internationalement célèbre.

En Russie, cette valse a toujours été très populaire, et même pendant longtemps, elle fut considérée comme une ancienne valse russe, publiée comme telle dans les éditions musicales. (Ah ! ces Russes qui allègrement font fi des droits d’auteur !)

En 1886, Iosif/Ion Ivanovici (Ион Иванович) visite la Russie tsariste, Moscou et Saint-Pétersbourg. C'est là qu’il se rendit compte combien sa valse était jouée dans l’Empire du Tsar Alexandre III. En souvenir de son séjour dans ce pays, Ivanovici composa de nouvelles valses : "Souvenirs de Moscou", "Un Rêve sur la Volga" et "Au bord de la Neva".

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Source (en russe) : 'La création de la valse'.

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Voici une autre valse évoquant un autre grand fleuve, celui-ci s'écoulant plus à l'est, en Extrême-orient russe...

Interprétée par les Chœurs de l’Armée russe (Ансамбль Российской Армии)

Les vagues de l’Amour – Амурские волны

 

Compositeur : Max Kuss (Макс Авелевич Кюсс)
1909 - peut-être auparavant ?

Auteurs : Constantin Vasiliev et Sérafim Popov (Константин Васильев и Серафим Попов)
(1944 ? Premier enregistrement 1952)

Плавно Амур свои волны несёт,
Ветер сибирский им песни поёт.
Тихо шумит над Амуром тайга,
Ходит пенная волна
Пенная волна плещет,
Величава и вольна.

Там, где багряное солнце встаёт,
Песню матрос об Амуре поёт.
Песня летит над широкой рекой,
Льётся песня широко
Песня широко льётся,
И несётся далеко.

Красоты и силы полны,
Хороши Амура волны.
Серебрятся волны
Серебрятся волны,
Славой Родины горды.
Плещут, плещут, силы полны,
И стремятся к морю волны.
Серебрятся волны
Серебрятся волны,
Славой русскою горды.

Красива Амура волна,
И вольностью дышит она.
Знает волна —
Стерегут её покой.
Спокойны реки берега,
Шумит золотая тайга.
Дышит волна
Её чудной красотой.

Величав Амур седой,
Мы храним его покой.
Корабли вперёд плывут,
Волны бегут и бегут:
Ты шуми, Амур родной.
Ты шуми седой волной,
В грозном беге прославляй
Наш советский вольный край.

Плавно Амур свои волны несёт,
Ветер сибирский им песни поёт.
Тихо шумит над Амуром тайга,
Ходит пенная волна
Пенная волна плещет,
Величава и вольна.

Doucement le fleuve Amour porte ses vagues au loin,
Le vent de Sibérie leur chante des chansons.
La taïga bruisse tranquillement sur l'Amour,
Dont les flots écumants
S’en vont, éclaboussant,
Majestueux et libres.

Là où le soleil rougeoyant se lève,
Sur l’Amour le matelot chante une chanson.
Son chant s'envole au-dessus du large fleuve,
Son chant s'écoule vers le large,
Vers le large il s'écoule,
Emporté au loin.

Emplies de beauté et de force,
Sont les vagues de l’Amour, si généreuses.
Ses vagues sont d'argent,
Argentés sont ses flots,
Fiers de porter la gloire de la Patrie.
Ils jaillissent et éclatent, pleins de force,
S'élançant vers la mer.
Ses flots sont d'argent,
Argentées sont ses vagues,
Fières de porter la gloire de la Russie.

Belle vague du fleuve Amour,
Qui respire en toute liberté,
Vague qui connaît bien
Ceux qui veillent sur elle.
Les rives du fleuve sont tranquilles,
La taïga dorée bruisse.
Et les vagues respirent
De leur merveilleuse beauté.

Nous protégeons le fleuve Amour,
Aux vagues grises, si majestueux.
Les bateaux s’avancent,
Les vagues courent et courent :
Résonne, notre cher Amour !
Sois bruyant avec tes vagues grises,
Dans leur course formidable
Glorifie notre libre terre soviétique !

Doucement le fleuve Amour porte ses vagues au loin,
Le vent de Sibérie leur chante des chansons.
La taïga bruisse tranquillement le long du fleuve Amour
Dont les flots écumants
S’en vont, éclaboussant,
Majestueux et libres.

Petites nouvelles russes - Les voiles écarlates - Grine - Un grand coeur d'amour

Valse de guerre ou… valse d’amour ?

Dans nos oreilles françaises, ce nom : ‘Amour’ signifie avant tout… amour (‘любовь’ en russe). Pour les Russes, il évoque d’abord le long fleuve de plus de 4 300 kilomètres qui marque aujourd'hui la frontière entre la Russie et la Chine*.

J’émets ici la supposition que pour certains Russophones le mot ‘Amour’ (Амур) évoque peut-être aussi le mot français et sa connotation romantique. C’est ainsi, de mon côté, que je l’ai tout d’abord perçu. Amour et Guerre ne font-ils pas souvent bon ménage ? En Mésopotamie Ishtar était à la fois déesse de l’un et de l’autre, et dans la mythologie grecque et romaine Aphrodite / Vénus, déesse de l'amour, femme infidèle d'Héphaïstos / Vulcain, le dieu forgeron, difforme et boiteux, ne fut-elle pas l'amante éphémère de Mars / Arès, le dieu de la guerre ?

* Le nom du fleuve Amour (Амур) proviendrait d'un terme autochtone signifiant ‘grande rivière’ (ou bien ‘boueux’, ce qui est moins romantique...)

Version orchestrale de la 'vieille' valse Les vagues de l’Amour (Амурские волны)

Brève histoire de la valse…

La partition musicale fut composée en 1909 (peut-être auparavant à la veille de la guerre russo-japonaise de 1904-1905) par Max Kuss (Макс Авелевич Кюсс), chef de l’orchestre militaire du 11e régiment de Sibérie orientale, stationné alors à Vladivostok.

Titrée d’abord 'La baie d’amour du fleuve Amour' (Амурский залив любви), elle devint populaire dans la première partie du XX° siècle sous sa forme instrumentale puis fut oubliée. Elle connaîtra une seconde jeunesse, devant en quelque sorte ‘l’hymne’ de l’Extrême-orient soviétique, lorsque des paroles lui furent ajoutées dans le milieu des années 1940 par l'acteur Serafim Popov (Серафим Александрович Попов), texte quelque peu ‘revisité’ par le chanteur-soliste de l’orchestre de la Flotte de la Baltique Constantin Vasiliev (Константин Васильев).

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Source (en russe) : L'histoire d'une chanson.

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