Vladimir Vyssotski : Il n’est pas revenu du combat

Vladimir Vyssotski, 'Il n'est pas revenu du combat'
(Он не вернулся из боя) - 1969

 Vladimir Vyssotski - Владимир Высоцкий

 Il n'est pas revenu du combat - Он не вернулся из боя

Petites nouvelles russes - Affiche du film 'Les fils partent au combat

Voici pour moi la chanson de Vladimir Vyssotski la plus poignante. Peut-être parce que j’ai tenté pour la première fois d’en comprendre les paroles lors d’une mission qui m’avait entraîné à la frontière tchéchène, pendant une guerre – je ne sais plus laquelle –, une guerre qui, autour de moi, n’offrait que désolation, malheurs, destruction et mort.

'Il n'est pas revenu du combat' est extrait du film ‘Les fils partent au combat(Сыновья уходят в бой), réalisé en 1969 par Victor Tourov (Виктор Туров) - Voir sur Youtube. Dans ce film Vladimir Vyssotski y interprète trois autres chansons : 'Les fils partent au combat' (Сыновья уходят в бой) - titre éponyme du film -, 'Le chant de la Terre' (Песня о Земле) et 'L'obscurité' (Темнота), dont il est pour les deux premières l'auteur-compositeur ; la  musique de la troisième étant, quant à elle, de Stanislav Pojlakov, les paroles de V. Vyssotski - Ecoutez sur Youtube.

V. Vyssotski Les fils partent au combat
Сыновья уходят в бой (1969)

Vladimir Vyssotski - Le chant de la Terre
Песня о Земле (1969)

Petites nouvelles russes - Vyssotski - Chansons de guerre

­'Il n'est pas revenu du combat' raconte l’absence, l’irrémédiable absence d’un camarade tombé au combat, d’un ami perdu à jamais. Penser à lui, lui parler encore et toujours, quand seul le silence vous répond…
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Je vous laisse lire et écouter, vous souvenir peut-être...

Почему всё не так, вроде, всё, как всегда,
То же небо опять голубое,
Тот же лес, тот же воздух и та же вода,
Только он не вернулся из боя.
Тот же лес, тот же воздух и та же вода,
Только он не вернулся из боя.

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Мне теперь не понять,
Кто же прав был из нас
В наших спорах без сна и покоя.
Мне не стало хватать его только сейчас,
Когда он не вернулся из боя.
Мне не стало хватать его только сейчас,
Когда он не вернулся из боя.

Он молчал невпопад
И не в такт подпевал,
Он всегда говорил про другое.
Он мне спать не давал,
Он с восходом вставал,
А вчера не вернулся из боя.
Он мне спать не давал,
Он с восходом вставал,
А вчера не вернулся из боя.

То, что пусто теперь, не про то разговор,
Вдруг заметил я - нас было двое.
Для меня будто ветром задуло костёр,
Когда он не вернулся из боя.
Для меня будто ветром задуло костёр,
Когда он не вернулся из боя.

Нынче вырвалась словно
Из плена весна,
По ошибке окликнул его я -
Друг, оставь покурить, а в ответ тишина,
Он вчера не вернулся из боя.
Друг, оставь покурить, а в ответ тишина,
Он вчера не вернулся из боя.

Наши мёртвые нас не оставят в беде,
Наши павшие, как часовые.
Отражается небо в лесу, как в воде,
И деревья стоят голубые.
Отражается небо в лесу, как в воде,
И деревья стоят голубые.

Нам и места в землянке
Хватало вполне,
Нам и время текло для обоих.
Всё теперь одному, только кажется мне
Это я не вернулся из боя.
Всё теперь одному, только кажется мне
Это я не вернулся из боя.­

Pourquoi rien ne va, tout est pourtant comme d’habitude :
Le même ciel à nouveau bleu,
La même forêt, le même air, la même eau...
Lui seul n’est pas revenu du combat.
La même forêt, le même air, la même eau...
Lui seul n’est pas revenu du combat.

A présent je ne sais plus
Qui de nous deux avait raison
Dans nos discussions sans sommeil ni repos.
C’est seulement maintenant qu’il me manque :
Il n’est pas revenu du combat.
C’est seulement maintenant qu’il me manque :
Il n’est pas revenu du combat.

Il se taisait sans raison,
Il se mettait à chanter à contretemps,
Il parlait toujours mal à propos.
Il ne me laissait pas dormir la nuit,
Il se levait au petit jour,
Mais hier il n’est pas revenu du combat.
Il ne me laissait pas dormir,
Il se levait au petit jour,
Mais hier il n’est pas revenu du combat.

Que tout soit désert, ce n’est pas le sujet :
Je me rends compte soudain
que nous étions deux.
Et pour moi, c’est comme si le vent avait soufflé
La flamme du feu de camp
Lorsqu’il n’est pas revenu du combat.

C’est comme si on avait arraché
Le printemps de sa prison :
Je m’adresse à lui sans raison -
‘Ami, garde tes cigarettes !’
Mais seul le silence me répond.
Hier, il n’est pas revenu du combat.
­­

Nos morts nous gardent du malheur,
Ceux qui sont tombés sont comme des sentinelles.
Le ciel se reflète sur la forêt comme sur un miroir d’eau,
Et les arbres se dressent – bleus comme le ciel.

Pour deux, dans notre casemate,
La place suffisait amplement,
Pour nous deux le temps s’écoulait tout pareil.
Un seul a tout pour lui à présent,
Pourtant il me semble que c’est moi
Qui ne suis pas revenu du combat.
C’est moi qui ne suis pas revenu du combat.

Petites nouvelles russes - Vyssotski - premier enregistrement 1972
Pochette d'un des tout premiers enregistrements de Vladimr Vyssotski en Russie - 1972 - dédicacé par le compositeur

Un disque introuvable

 

En 1972, alors que déjà les enregistrements clandestins de Vyssotski circulaient largement 'sous le manteau', la patrie du Grand Lénine autorisa la sortie d'un microsillon regroupant quatre chansons extraites de films relatant des épisodes de la Grande guerre patriotique (la Seconde guerre mondiale). Un mini-album aujourd'hui introuvable.

Outre 'Il n'est pas revenu du combat' et 'Le chant de la Terre' figuraient deux autres titres : Fosses communes (Братские могилы), extrait du film 'Je sors de l'enfance' (Я родом из детства), et 'Chanson pour des temps nouveaux' (Песня о новом времени) interprétée par Vladimir Vyssotski dans 'La guerre sous les toits' (Война под крышами). Les deux films furent réalisés par Victor Kourov, respectivement en 1965—66 pour le premier et en 1967 pour le second.

Vladimir Vyssotski - Fosses communes
Братские могилы (1963 / 1965)

V. Vyssotski - Chanson pour des temps nouveaux
Песня о новом времени (1967)

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