Alice – La chute du maréchal rouillé (XI.05)

Petites-nouvelles-russes - Alice et les dauphins
Illustration d'Ekatarina Mouratova : Alice dit au-revoir à ses amis les dauphins

Chapitre onze :
La chute du maréchal rouillé

Глава Одиннадцатая:
Падение ржавого фельдмаршала

 

L’aventure ici s’achève - Приключение закончилось

Утром, выспавшись, всё рассказав, обклеенная пластырем и обмазанная лечебной мазью, Алиса вместе с киногруппой и журналистами поехала на пиратский остров. С ними была и Берта, которая примчалась из Москвы на метро. Она была одета в фиолетовый парик и живое платье из венерианских водорослей, которое всё время меняло цвет и рисунок.

Берта всю дорогу допрашивала Алису, не почудилось ли ей, что дельфины с ней разговаривали?

Остров был пустынен, в развалинах штаба робота-фельдмаршала гулял ветер. На ящике валялись большие ржавые ножницы и куски жести, из которой фельдмаршал вырезал награды для своих подчинённых.

Техник из киногруппы осторожно поднял тело старика-киноробота и отнёс на катер, чтобы срочно починить.

Алиса показала журналистам яму, в которой она сидела. На её стенке сохранились углубления-ступеньки, по которым Алиса выбралась из плена.

На обратном пути заглянули на полузатопленную баржу, и Алиса взяла сумку с миелофоном.

Остров постепенно уменьшался, уплывая в море. Катер возвращался к берегу. Приключение закончилось.

Светлана наклонилась к Алисе и прошептала:

— Я дозвонилась Никитину. Он попросил прощения.
— За что?
— За всё, в чём был и не был виноват, — сказала Светлана. — Он совсем не такой плохой.
— Я тоже так думаю.

Совсем недалеко от берега катер догнала стая дельфинов. Они плыли некоторое время рядом, резвясь и ныряя. Потом повернули в открытое море. Один из них отстал, поглядел на катер и крикнул тонким голосом:

— Хорошо, Алиса!
— До свидания! Спасибо, дельфины! — ответила Алиса.

Берта сначала не поверила собственным ушам, а когда поверила, упала в обморок.

Petites-nouvelles-russes - Au-revoir Alice
Dessin d'enfant : Au-revoir Alice

Au matin, après une bonne nuit de sommeil et après avoir tout raconté, Alice, enduite de pommade cicatrisante et couverte de pansements, est prête à retourner sur l’île des pirates.

Elle est accompagnée de caméramen et de journalistes venus spécialement. Bertha elle-même a fait le déplacement depuis Moscou en métro. (Elle porte cette fois-ci une perruque violette et une robe d'algues vénusiennes vivantes qui change continuellement de couleur et de motifs.)

Bertha interroge Alice avec intérêt durant tout le trajet :

- Est-ce que tu es bien sûre que les dauphins parlaient ? qu’ils parlaient notre langue ?

L'îlot est désert, le vent souffle sur les ruines de l’ex-quartier général des robots. Sur la caisse qui servait de table au robot-maréchal traînent une grande paire de ciseaux rouillés et des bouts de fer-blanc à partir desquels il confectionnait des médailles pour récompenser sa troupe.

Un technicien de l'équipe d’Hermann qui accompagne le groupe soulève délicatement le corps inanimé du grand-père Ci-et-là-itou et le transporte jusqu'au bateau afin qu’on puisse d'urgence le réparer.

Alice montre aux journalistes la fosse dans laquelle les robots l’avaient enfermée. Contre la paroi, tous peuvent voir encore les traces des marches qu’elle avait creusées pour grimper et réussir à s’enfuir.

Au retour, le groupe monte à bord de la péniche échouée. Là, Alice en profite pour récupérer le sac contenant le myélophone de son père.

Voilà. Le bateau s’éloigne, l'île au loin diminue progressivement, comme se noyant dans la mer. L’expédition regagne la terre ferme : l'aventure ici s’achève.

Svetlana Solitaria se penche vers la fillette et lui chuchote :

J'ai réussi à joindre Nikitine. Il m’a demandé pardon.
- Pardon de quoi ?
- Pour tout ce dont il s’est rendu coupable… et même pour les choses dont il est innocent ! lui dit Svetlana avec un sourire. Ce garçon n’est pas mal du tout ! ajoute-t-elle.
- Je le pense aussi, conclut Alice.

En regagnant le rivage, quelques dauphins accompagnent le bateau un moment, nageant à la surface et puis plongeant. Avant de s’éloigner, l'un d'eux soulève son museau au-dessus des flots, se tourne et crie d'une voix fluette :

- Tout est bien qui finit bien, Alice !
- Au revoir mes amis les dauphins ! Et merci encore !

En entendant que les dauphins parlaient, qu’ils parlaient vraiment, Bertha ne put en croire ses oreilles et tomba dans les pommes...