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IIya Varchavsky – Tout bien selon les règles (02)
Илья Варшавский - Ilya Varchavsky
Всё по пра́вилам
Tout bien selon les règles
Второ́й эпизо́д - Episode deux

Affiche du film : 'Seul sur Mars' ...Два поколе́ния бе́лых мыше́й, да ещё о́бщий каранти́н. Ско́лько э́то вре́мени на постоя́нной орби́те? Невозмо́жно сосчита́ть.
Ну, допу́стим. Что же да́льше? «Стажёр Бугро́в! Облёт второ́й плане́ты в ка́псуле для гравиметри́ческих измере́ний!» Пра́вильно! В райо́не эква́тора ему́ удало́сь обнару́жить заня́тную анома́лию. При перехо́де на кругову́ю орби́ту что-то случи́лось. Неве́рно по́нял пе́реданную кома́нду. Авари́йная поса́дка в ска́лах. Ка́псула — вдре́безги. Беспа́мятство. Спас шлем, тре́снул попола́м, да́же не пришло́сь де́лать ана́лиза атмосфе́ры. Дыши́, чем придётся. В о́бщем, ничего́, дыша́ть мо́жно, хотя́ тошни́т и кру́жится голова́. Мо́жет, э́то от уда́ра? Нет, уж бо́льно тут гну́сно па́хнет.
Похо́же, что всё так и бы́ло. Что же ещё? Ра́ции нет — разби́та, почини́ть невозмо́жно. Взял раке́тницу, продово́льственный паке́т, лучемёт и фля́гу. Пошёл иска́ть ме́сто для поса́дки спаса́тельного отсе́ка где-нибу́дь на равни́не, бла́го есть сигна́льные раке́ты. Спуска́лся вниз, полз по ска́лам. Вы́шел в боло́то. По по́яс в воню́чей жи́же. Кра́сный тума́н. Наконе́ц набрёл на сухо́е ме́сто, и тут… Фу, дья́вол! Как же я мог забы́ть?!
Бугро́в вспо́мнил стра́нное, похо́жее на паука́ существо́, передви́гающееся прыжка́ми с валуна́ на валу́н, и непроизво́льно втяну́л го́лову в пле́чи, потому́ что воспомина́ние э́то бы́ло стра́нным и неле́пым. В одно́й из лап э́то существо́ держа́ло что-то сма́хивающее на допото́пный автома́т с больши́м патро́нным ди́ском. Они́ одновреме́нно заме́тили друг дру́га и бро́сились ничко́м на о́стрые ка́мни. Вот тогда́-то, очеви́дно, Бугро́в и спусти́л предохрани́тель у лучемёта. Хорошо́ ещё, что не вы́стрелил с перепу́га. Пото́м он потеря́л созна́ние, а тот, друго́й, наве́рное, терпели́во выжида́л, спря́тавшись за валуна́ми.

« ...Deux générations de souris blanches, et, de facto, la quarantaine pour tous à bord... »
Depuis combien de temps le vaisseau était-il en orbite stationnaire ? Impossible de compter...
« Bon, admettons.... Et après ?… »
« Stagiaire Bougrov ! A bord d’une capsule, vous survolerez la deuxième planète et prendrez des mesures gravimétriques ! »
« Oui, c’est bien ça... »
Près de l'équateur, il avait pu relever une anomalie intéressante. Mais quelque chose s’était produit lors du décrochage d’orbite. Sûrement avait-il mal compris les instructions transmises. Puis ça avait été le crash dans cette zone rocheuse, la capsule en mille morceaux et sa perte de conscience.
Le casque lui avait sauvé la vie mais s’était fissuré par le milieu. Il n’avait même pas eu le temps de faire une analyse de l’atmosphère. Tout ce qu’il avait eu à faire, c’était respirer…
D’ailleurs, pas de problème à ce niveau-là : il respire, même s’il a toujours envie de vomir et que la tête lui tourne. Peut-être à cause de l'impact ?
« Non, il y a vraiment quelque chose qui pue ici... »
Il semble que tout se soit passé exactement comme ça. Quoi d'autre ? Ah oui, la radio : bousillée elle aussi. Réparation inenvisageable…
Ensuite, se souvient-t-il, il avait pris un lance-roquettes, son pistolet-laser, un sac de rations et une gourde puis avait cherché un endroit au milieu de cette plaine pour y dresser son caisson de survie, heureusement il avait avec lui des fusées éclairantes…
« Et puis, et puis… ». Il essaie de se rappeler.
Et puis, après être descendu et avoir rampé le long des rochers, il avait atteint un marais qu’il avait traversé, pataugeant jusqu'à la taille dans une bouillie puante. Brouillard rouge. Finalement, il était arrivé sur cet endroit sec, et là...
« Pfouh, comment diable ai-je pu oublier ça ?! »
Il lui revient alors la vision de cette créature bizarre ressemblant à une araignée qui se déplaçait en sautant de rocher en rocher. Instinctivement, il tente de rentrer sa tête dans les épaules : un souvenir étrange autant qu’absurde pourtant. Dans l'une de ses pattes, elle tenait quelque chose qui ressemblait à une mitrailleuse antédiluvienne dotée d’une grande cartouchière.
Simultanément, ils s’étaient entraperçus, elle et lui, et chacun s’était jeté face contre terre. C'est à ce moment, évidemment, qu’il avait dû déverrouiller la sécurité de son pistolet-laser.
Encore une chance que la peur ne l’ait pas poussé à tirer. Puis il avait perdu connaissance. L'autre, la créature, probablement, patiemment attendait toujours, cachée derrière les rochers, là, tout près.
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IIya Varchavsky – Tout bien selon les règles (01)

Илья Варшавский - Ilya Varchavsky
Всё по пра́вилам
Tout bien selon les règles
(1970)
(Расска́з, смодели́рованный по совреме́нным образца́м ультракосми́ческой фанта́стики в назида́ние пи́шущим и чита́ющим.)
(Une histoire calquée sur des exemples modernes de science-fiction ultra-cosmique pour l'édification des écrivains et des lecteurs.)
Пе́рвый эпизо́д - Premier épisode
Бугро́в откры́л глаза́ и почу́вствовал страх. Где-то ря́дом была́ опа́сность, но где и́менно — сообрази́ть меша́ли головокруже́ние и тошнота́.
Он лежа́л в скафа́ндре без шле́ма, уткну́вшись но́сом в гра́вий, и боя́лся подня́ть го́лову.
Пять лет в Косми́ческой акаде́мии не прохо́дят зря. «Е́сли вы попа́ли в необы́чную обстано́вку, постара́йтесь разобра́ться в ней, пре́жде чем сде́лать пе́рвое движе́ние». Бугро́в пыта́лся разобра́ться. Для того́ что́бы поня́ть, где ты, не обяза́тельно дви́гаться. Мо́жно скоси́ть глаза́ напра́во, нале́во и вверх, тогда́ окружа́ющее тебя́ простра́нство немно́го расши́рится.
Ита́к, впереди́ гряда́ валуно́в. Пе́ред ней — камени́стая по́чва с каки́ми-то расте́ниями, похо́жими на ка́ктусы. Сле́ва — тот же гра́вий. Спра́ва — лучемёт со спу́щенным предохрани́телем. Бо́льше ничего́ разгляде́ть не удаётся. Нестерпи́мо боли́т голова́. Е́сли бы не э́та боль да ме́рзкий за́пах, кото́рым пропи́тана по́чва, ду́мать бы́ло бы ле́гче. Ощуще́ние неотврати́мой опа́сности не проходи́ло. Бугро́в стара́лся вспо́мнить, как он сюда́ попа́л, но вспо́мнить не мог.
Почему́ спу́щен предохрани́тель на лучемёте? На э́тот вопро́с то́же не находи́лось отве́та.
«Стра́нно! — поду́мал он. — О́чень стра́нно».
Э́та мысль вы́звала цепь неожи́данных ассоциа́ций. Стра́нные плане́ты. Семь стра́нных плане́т. Поиско́вый звездолёт «Добры́ня Ники́тич». Так, так, так! Стажёр Бугро́в. Семь стра́нных плане́т и звездолёт «Добры́ня Ники́тич». Почему́ стра́нные плане́ты? Все с атмосфе́рой. На одно́й из них обнару́жены мхи и лиша́йники. Сенса́ция косми́ческих масшта́бов. Впервы́е на́йдены при́знаки жи́зни. Мхи и лиша́йники. Э́то бы́ло на пе́рвой плане́те. Впро́чем, не то́лько мхи и лиша́йники. Там побыва́л второ́й шту́рман. Тепе́рь он лежи́т в изоля́торе, а врач прово́дит о́пыты на бе́лых мыша́х. Два поколе́ния бе́лых мыше́й и по́иски сы́воротки. Э́то бы́ло на пе́рвой плане́те. А на второ́й? На втору́ю никто́ не спуска́лся. Запре́т. Бесчу́вственное те́ло в изоля́торе и два поколе́ния бе́лых мыше́й. Корабли́, несу́щие непобеждённую инфе́кцию, не возвраща́ются в Со́лнечную систе́му. Непи́саное пра́вило, кото́рое установи́ли са́ми космона́вты. Команди́р «Добры́ни Ники́тича» мо́жет не торопи́ться.

Bougrov ouvre les yeux et ressent de la peur. Il y a là un danger, quelque part, à proximité, mais pris d’étourdissements et de nausées il lui est difficile de savoir exactement où.
Il est allongé face contre terre, dans sa combinaison spatiale, sans son casque, le nez dans du gravier, craignant de relever la tête.
Ses cinq années à l’Académie spatiale n’auront pas été vaines. « Si vous vous trouvez dans un environnement inhabituel, essayez de l’analyser avant de penser à agir. »
Bougrov essaie de comprendre. Nul besoin de bouger pour deviner où il est. Juste tourner son regard un peu vers la droite, un peu à gauche, en haut, et puis l'espace tout autour s’agrandira peu à peu.
Devant ses yeux donc, un alignement de blocs rocheux et juste là, un sol rocailleux avec quelques plantes qui ressemblent à des cactus. A gauche, le même sol de gravier. Sur la droite il reconnaît son pistolet-laser dont le cran de sécurité est libéré. Il ne voit rien d’autre.
Il a un mal de tête insupportable. Sans cette douleur et cette odeur nauséabonde qui imprègne le sol il lui serait sûrement plus facile de réfléchir.
Le sentiment de danger imminent n'a pas disparu. A présent, il essaie de se rappeler comment il est arrivé jusqu’ici, mais il a beau faire, il ne s’en souvient pas.
Pourquoi le cran de sécurité de son pistolet-laser est-il déverrouillé ? Là non plus il ne trouve pas de réponse.
« Etrange ! pense-t-il. Tout cela est bien étrange... »
Cette pensée provoque chez lui toute une chaîne d’idées inattendues : « Etrange... Sept planètes étranges. Le vaisseau de recherche spatiale ‘Le Dobrynia Nikititch¹’. Bien, bien, bien ! Stagiaire Bougrov,: sept planètes étranges et le vaisseau spatial ‘Le Dobrynia Nikititch’. Mais pourquoi donc sont-elles étranges ces planètes ?… »
Toutes sont pourvues d’une atmosphère. Des mousses et des lichens avaient été identifiés sur l'une d’elles. Une nouvelle aux dimensions cosmiques : on avait trouvé pour la première fois des signes de vie extraterrestre. Des mousses et des lichens. « Ça, c'était sur la première des sept planètes, se souvient-il ». Mais pas seulement des mousses et des lichens.
Le navigateur en second s’y était rendu. A présent, il est à l’isolement, alité. Le médecin à bord poursuit toute une série d’expériences sur des souris blanches : deux générations de souris blanches pour tenter de trouver un sérum. « Ça, c'était sur la première planète... » Et sur la deuxième ? Personne n’y avait mis les pieds. Interdiction formelle.
« ...Un corps inconscient en salle d’isolation et deux générations de souris blanches... »
Les vaisseaux transportant à leur bord une infection hors de contrôle n’avaient pas le droit de regagner le système solaire. C’était là une règle non écrite établie par les cosmonautes eux-mêmes. Le commandant du ‘Dobrynia Nikititch’ avait donc tout le temps devant lui…
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IIya Varchavsky – La Terre ne répond plus (03)

Vers le soleil... Илья Варшавский - Ilya Varchavsky
Земля́ не отвеча́ет на позывны́е -
La Terre ne répond plusТре́тий эпизо́д - Еpisode trois
…Прохо́дит год. Сего́дня они́ — сно́ва в отсе́ке управле́ния, ка́ждый на своём ме́сте. Пора́ реша́ть, что де́лать да́льше.
— Человече́ская мора́ль, — говори́т Навига́тор, — всегда́ осужда́ла самоуби́йство.
Смысл э́той фра́зы всем я́сен: НЕТ.
Инжене́р тща́тельно подбира́ет слова́: Когда́ челове́к на Земле́ лиша́л себя́ жи́зни, то э́тим са́мым он рвал ты́сячи ни́тей, свя́зывающих его́ с други́ми людьми́. Самоуби́йство неизбе́жно превраща́лось в социа́льное явле́ние, но ведь мы — еди́нственные живы́е существа́ во вселе́нной, на́ши посту́пки нельзя́ оце́нивать с то́чки зре́ния челове́ческой мора́ли. Её бо́льше про́сто не существу́ет.
Сно́ва я́сно: ДА.
Тепе́рь о́чередь за Био́логом. Его́ го́лос реша́ет всё. Мо́жет быть, поэ́тому он так ме́длит с отве́том.
— Пора́ ко́нчать… Есть преде́л, вы́ше кото́рого челове́к уже́…
Договори́ть ему́ не удаётся. Внеза́пно появи́вшаяся тя́жесть вда́вливает его́ в кре́сло.
Инжене́р ви́дит взду́вшиеся ве́ны на ше́е Навига́тора, сидя́щего за пу́льтом, ме́чущиеся стре́лки прибо́ров, стреми́тельно па́дающую вниз Зе́млю и нестерпи́мо я́ркий шар в иллюмина́торе.
«Кора́бль идёт на Со́лнце! — мелька́ет у него́ мысль. — Навига́тор хо́чет зако́нчить игру́ эффе́ктной же́ртвой».
— Позёр! — кричи́т он, с трудо́м дви́гая, налива́ющимися свинцо́м челюстя́ми. — И́щешь краси́вой сме́рти? Про́ще бы́ло разгерметизи́ровать каби́ну.

...Une année vient de s’écouler.
Aujourd'hui, les voilà tous assemblés à nouveau dans la salle de contrôle du vaisseau, chacun assis à sa place habituelle. Il est temps pour eux de décider de leur avenir.
- La morale humaine, énonce le navigateur, a toujours condamné l’idée du suicide.
Le sens de cette phrase est clair pour chacun : c’est NON.
L'ingénieur choisit ses mots avec soin :
- Lorsqu'un homme sur Terre se suicidait, il rompait des milliers de fils qui le reliaient à d'autres personnes. Le suicide devenait alors une question sociale. Mais après tout, nous sommes les seuls êtres vivants de l'univers, nos actions ne peuvent être évaluées du point de vue moral. La morale n'existe tout bonnement plus.
Ici le sens encore paraît clair : c’est OUI.
C'est au tour du biologiste de s’exprimer. Sa parole est déterminante. C'est peut-être pour cela qu’il met tant de temps à donner son opinion.
- Il est temps d’en finir... Il y a une limite au-delà de laquelle un être humain ne…
Il ne parvient pas à finir sa phrase. Il sent soudain un poids l’écraser sur son siège.
L'ingénieur remarque les veines dilatées sur la gorge du navigateur. Celui-ci a pris les commandes du vaisseau, devant lui, les aiguilles des d'instruments de navigation s’agitent dans tous les sens. La Terre s’éloigne rapidement tandis que par le hublot, une boule insupportablement lumineuse grossit, grossit, grossit.
Le navigateur dirige le vaisseau droit vers le soleil ! se rend immédiatement compte l’ingénieur. « C’est donc dans un spectaculaire feu sacrificiel qu’il désire voir s’achever la partie. »
- Prétentieux ! lance-t-il, alors que déjà sa mâchoire devient plus lourde que du plomb. C’est une belle mort que tu cherches, c’est ça ? Il aurait été plus simple de dépressuriser la cabine...
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IIya Varchavsky – La Terre ne répond plus (02)

La Terre est morte... Илья Варшавский - Ilya Varchavsky
Земля́ не отвеча́ет на позывны́е -
La Terre ne répond plusВторо́й эпизо́д - Еpisode deux
…Звездолёт зака́нчивает пе́́рвый вито́к над пове́рхностью плане́ты.
Навига́тор подхо́дит к шка́фу со скафа́ндрами.
— Разве́дывательную раке́ту! Вы остаётесь на корабле́.
***
Прохо́дит не́сколько томи́тельных часо́в, пре́жде чем Навига́тор сно́ва вхо́дит в каби́ну, ме́дленно передвига́я но́ги.
Они́ смо́трят на его́ ру́ки, рву́щие застёжки скафа́ндра, и понима́ют, что сейча́с его́ нельзя́ ни о чём спра́шивать.
Он подхо́дит к буфе́ту, достаёт буты́лку коньяка́, отку́поренную в честь родно́й плане́ты, выта́скивает зуба́ми про́бку и жа́дно пьёт из го́рлышка.
— Там никого́ не оста́лось, — броса́ет он че́рез плечо́ по пути́ в каю́ту —, никаки́х при́знаков жи́зни. Тепе́рь Земля́ мертва́, как и вся Вселе́нная.
***
Они́ до́лго молча́т.
Пе́рвым реша́ется заговори́ть Инжене́р:
— Энергети́ческие запа́сы мезо́нного по́ля неисчерпа́емы, круговоро́т биологи́ческого ко́мплекса звездолёта обеспе́чивает нас всем необходи́мым, мы мо́жем лете́ть куда́ уго́дно.
— Заче́м?
На э́тот вопро́с Инжене́р не нахо́дит отве́та.
***
Кро́хотная то́чка кружи́т над мёртвой плане́той, соверша́ющей свой бег вокру́г Со́лнца.
В звездолёте всё по-ста́рому.
Они́ то́чно в поло́женное вре́мя садя́тся за стол, подо́лгу обсужда́ют меню́ на за́втрашний день, чита́ют, игра́ют в ша́хматы, занима́ются повседне́вными дела́ми.
Бо́льше всех за́нят Навига́тор. Он вычисля́ет но́вую орби́ту Земли́*.
То́лько разгова́ривают они́ тепе́рь ме́ньше. Заче́м говори́ть, когда́ зара́нее изве́стно, о чём ду́мают други́е.
Мо́лча сидя́т они́ в сало́не, гля́дя на небольшо́й кра́сный рычажо́к авари́йного лю́ка. Доста́точно не́много потяну́ть э́тот рычажо́к на себя́, что́бы се́рвомото́ры сдвину́ли ова́льный бронево́й лист вверх и в каби́ну ворвала́сь чудо́вищная пустота́, имену́емая ко́смосом.
С взры́вом разлетя́тся ма́товые плафо́ны, залива́ющие каби́ну све́том, а жива́я плоть мгнове́нно преврати́тся в стеклови́дную ма́ссу, рассыпа́ющуюся в пыль от мале́йшего толчка́.
Навига́тор встаёт с кре́сла и де́лает два ша́га вперёд. Его́ рука́ — на кра́сной рукоя́тке.
Сейча́с ка́ждый из них отчётливо слы́шит уда́ры своего́ се́рдца.
Навига́тор отви́нчивает сто́пор.
— Искуше́ние но́мер один, — ше́пчет он, пря́ча рычажо́к под сиде́нье кре́сла.
* Э́то скоре́е траекто́рия звездолёта, кото́рую Навига́тор регуля́рно рассчи́тывает и корректи́рует, что́бы гаранти́ровать его́ усто́йчивость на орби́те вокру́г Земли́. (Примеча́ние перево́дчика)

...Le vaisseau spatial achève sa première révolution autour de la planète.
Le navigateur se dirige vers le compartiment où sont rangées les combinaisons spatiales.
— Je prends une capsule – je pars en reconnaissance ! Vous restez à bord.
***
Plusieurs heures angoissantes s'écoulent jusqu’au retour du navigateur. D’une démarche pesante, il pénètre dans le poste de pilotage. En voyant la façon dont, d'une main tremblante, il dégrafe le fermoir de sa combinaison, chacun comprend qu’il est inutile de vouloir l’interroger davantage.
L’homme se dirige vers le buffet, en sort la bouteille - celle qu’il avait quelques heures plus tôt débouchée en l'honneur de leur planète natale -, arrache le bouchon de ses dents et boit goulûment au goulot.
- Il n'y a plus rien ni personne, annonce-t-il sans se retourner en rejoignant sa cabine. Plus aucun signe de vie. La Terre est morte, morte comme tout le reste de l'univers.
***
Tous, longtemps, se taisent.
L'ingénieur se décide à reprendre la parole :
- Nos réserves d'énergie sont inépuisables, le système de maintien du cycle biologique de notre vaisseau nous fournit tout ce dont nous avons besoin, nous pouvons nous diriger vers n’importe quel point de l’espace.
- Dans quel but ?
A cette question, l’homme ne trouve aucune réponse à donner.
***
Un petit point orbite autour de la Terre, pendant que celle-ci, morte à présent, poursuit inexorablement sa course autour du soleil.
Dans le vaisseau, tout est comme auparavant. Chaque jour, il se mettent à table exactement à l'heure dite, discutent longuement du menu du lendemain, lisent, jouent aux échecs et chacun vaque à ses occupations.
Le navigateur est le plus occupé : il calcule régulièrement la nouvelle orbite terrestre*.
Ils parlent moins à présent. Pourquoi parler quand on sait par avance ce que les autres ont dans la tête.
Tous sont assis en silence. Le regard de chacun est attiré par la petite poignée rouge contrôlant l’ouverture de la trappe d'évacuation d’urgence de la cabine. Il suffirait juste de tirer un peu dessus pour que la porte blindée accepte de s’ouvrir et que le vide monstrueux, le vide intersidéral, s’engouffre dans le cockpit. Alors dans une explosion, les parois couvertes de givre voleraient en éclat, inondant la cabine de lumière, et leur chair se changerait instantanément en une masse vitreuse, prête à la moindre chiquenaude à s’effondrer en un tas poussière.
Le navigateur se lève de sa chaise et fait deux pas vers la trappe. Il pose sa main sur la poignée rouge.
Chacun retient son souffle, le cœur battant.
Le navigateur dévisse l’écrou qui retient le levier.
- Tentation numéro un…, murmure-t-il en rangeant soigneusement le levier sous son siège.
* C’est bien plutôt la trajectoire du vaisseau que le navigateur calcule et rectifie régulièrement afin de garantir la stabilité de son orbite autour de la Terre. (note du traducteur) -
IIya Varchavsky – La Terre ne répond plus (01)

5000 ans à travers la galaxie Илья Варшавский - Ilya Varchavsky
Земля́ не отвеча́ет на позывны́е -
La Terre ne répond plus
(Publié après le décès de l’auteur, en 2011)
Пе́рвый эпизо́д - Premier épisode
Звездолёт Пе́рвой Межгалакти́ческой Экспеди́ции вновь вошёл в преде́лы Со́лнечной Систе́мы.
— Не понима́ю, в чём де́ло, — сказа́л Навига́тор, входя́ в сало́н, — Земля́ не отвеча́ет на на́ши позывны́е. Не мо́жет быть, что́бы за пять ты́сяч лет они́ разучи́лись принима́ть радиосигна́лы.
Био́лог ве́село рассмея́лся.
— Начина́ются сюрпри́зы. Вероя́тно, про́сто э́тот вид свя́зи на Земле́ давно́ сда́ли в архи́в.
Навига́тор не отвеча́ет. Присе́в на ко́рточки, он что́-то ище́т в буфе́те.
— Есть! Дава́йте, ма́льчики, вы́пьем за здоро́вье на́шей стару́шки Земли́!
Янта́рная жи́дкость све́тится в хруста́льных бока́лах.
— Пять ты́сяч лет, — мечта́тельно повторя́ет Био́лог. — Стра́шно поду́мать, что за э́то вре́мя произошло́ на Земле́. Ведь мы, по сравне́нию с ни́ми, дикари́, почти́ первобы́тные лю́ди.
Инжене́р бере́т в ру́ки бока́л.
— Ерунда́! У нас с ни́ми бы́стро найдётся о́бщий язы́к. Како́е сча́стье, что мы возвраща́емся совсе́м молоды́ми. Э́ти анабио́зные ва́нны — отли́чная вы́думка! Стра́нно, — говори́т он по́сле небольшо́й па́узы. — С тех пор как вы́яснилось, что никако́й жи́зни в ко́смосе бо́льше нет, я по́лон го́рдости. Шу́тка ли: моя́ плане́та — исклю́чение из пра́вил, колыбе́ль велича́йшего парадо́кса во вселе́нной, а я сам — живо́е существо́, явле́ние, лежа́щее за преде́лами вероя́тного.
Мелоди́чно звеня́т по́днятые бока́лы.
— Что ты собира́ешься де́лать по́сле возвраще́ния? — спра́шивает Био́лог.
— Год о́тпуска. Горя́чий песо́к на пля́жах, настоя́щие зака́ты, шум прибо́я, родно́й во́здух, и апельси́ны, я зве́рски соскучи́лся по апельси́нам.
— Де́вушки, — добавля́ет Навига́тор. — Не забу́дьте про де́вушек. Тро́е холостяко́в, прорва́вшихся сквозь тьму веко́в, — э́то же для них сенса́ция!
— Вам хорошо́! — вздыха́ет Био́лог. — Вы́шли из корабля́ и — в о́тпуск, а мне придётся отдува́ться за всех. Деся́тка два докла́дов во вся́ких акаде́миях о том, что, мол, обша́рив две гала́ктики, и так да́лее. Бесконе́чные вопро́сы. Представля́ю себе́ како́го-нибу́дь седовла́сого акаде́мика семидеся́того столе́тия: очки́ на носу́ и гне́вно по́днятый перст. «Отвеча́йте, молодо́й челове́к, как э́то, по ва́шему мне́нию, появи́лась жизнь на Земле́, е́сли её нигде́ бо́льше не существу́ет?»
— Они́, наве́рное, уже́ всё са́ми зна́ют, — говори́т, поднима́ясь, Навига́тор. — Пойду́ попро́бую вы́звать Зе́млю на световы́х часто́тах.
Инжене́р потя́гивается в кре́сле.
— Открове́нно говоря́, мне наплева́ть на все э́ти гала́ктики. Меня́ вполне́ устра́ивает жизнь на мое́й родно́й плане́те, замеча́тельная земна́я жизнь!
Бип… бип… бип… интерва́л… бип… бип… бип…
— Я́сно, почему́ они́ не отвеча́ют, — говори́т Инжене́р, отходя́ от спектро́графа, — у неё нет атмосфе́ры…

De retour de la première expédition intergalactique, le vaisseau a enfin rejoint le système solaire...
- Je ne comprends pas ce qui se passe, dit le navigateur en entrant dans le mess. La Terre ne répond pas. Ce n'est pas possible qu'en cinq mille ans ils aient oublié comment recevoir des appels radio.
Le biologiste de l’équipe éclate d’un rire franc :
- Les surprises commencent. Probablement, c'est juste que sur Terre ce mode de communication est depuis longtemps obsolète...
L’officier navigateur ne répond pas. Accroupi, il est occupé à chercher quelque chose au fond du le buffet.
- La voilà ! Allez, les gars, on va trinquer à la santé de notre bonne vieille planète !
La couleur ambrée du cognac luit à travers le cristal des verres.
- Cinq mille ans..., répète rêveusement le biologiste. C'est effrayant de songer à ce qui a pu se passer sur Terre durant tout ce temps. Après tout, comparés à eux, nous sommes des sauvages, presque des êtres à demi primitifs.
L'ingénieur lève son verre.
- Allons, ça n’a pas de sens ! Nous trouverons rapidement un langage afin de communiquer. Quelle bénédiction que nous soyons de retour bien jeunes encore. Ces caissons anabiotiques sont une belle trouvaille !
...C’est étrange, poursuit-il après une courte pause, depuis que nous savons qu'il n'y a aucune forme de vie ailleurs, je me sens tout fier. Sans blague : notre planète est une exception à la règle, le berceau d’un des plus grands paradoxes de l'univers, et moi-même, comme être vivant, je suis un phénomène au-delà de toute probabilité.
Tous trinquent avec lui et les verres s’entrechoquent mélodieusement.
- Que vas-tu faire à ton retour ? demande le biologiste.
- Prendre une année sabbatique, lui répond l’ingénieur. Le sable chaud des plages, de vrais couchers de soleil, le bruit des vagues, respirer l’air de notre planète et le goût des oranges. Les oranges m’ont terriblement manqué.
- Et les filles ! ajoute le navigateur. N'oublions pas les filles. Trois célibataires qui ont traversé des siècles de ténèbres – quelle sensation ça va être !
- Pour vous oui ! Le biologiste soupire. Vous débarquerez et serez en vacances, alors que moi je vais devoir me payer tout le travail. Une bonne vingtaine de communications à rédiger pour décrire comment nous avons... ‘fourragé’ dans tous les coins de la galaxie, etc, etc, etc... Des questions sans fin. J'imagine la tête d’un de ces académiciens aux cheveux gris du soixante-dizième siècle, lunettes sur le nez me pointant du doigt avec colère : « Répondez donc, jeune homme, comment pensez-vous que la vie soit apparue sur Terre si elle n'existe nulle part ailleurs ? »
- Ils savent probablement déjà tout ça, dit le navigateur en se levant. Je vais tenter de les contacter sur d’autres fréquences.
L'ingénieur s'étire sur son siège.
- Franchement, je me contrefiche qu’il n’y ait aucune vie ailleurs, dans d’autres galaxies. Celle – si merveilleuse - que nous offre notre planète natale me suffit amplement !
Bip... bip... bip... pause... bip... bip... bip…
- La raison pour laquelle personne ne répond est claire, dit l'ingénieur en se tournant du spectrographe : la Terre a perdu son atmosphère…
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Vyssotski – Les gredins de l’espace
Vladimir Vyssotski, La Marche des gredins de l’espace (1966)
(Sur des images du dessin animé : Alice et le Mystère de la Troisième planète, d’après Kir Boulytchev – Voir sur Youtube en version française)
- Interlude musical -
Пе́сня косми́ческих негодя́ев
La Marche des gredins de l’espace
(1966)
Автор и исполнитель: Владимир Высоцкий
Auteur-compositeur-interprète : Vladimir Vyssotski
« J’ai volé dans l’espace et je n’ai pas vu Dieu » Citation attribuée à Youri Gagarine, premier homme dans l’espace
Вы мне не пове́рите и про́сто не поймёте:
В ко́смосе стра́шней, чем да́же в да́нтовском аду́, —
По простра́нству-вре́мени мы прём на звездолёте,
Как с горы́ на со́бственном заду́.Но от Земли́ до Бе́ты — во́семь дён,
Ну, а до плане́ты Эпсило́н
Не считаем мы, чтоб не сойти́ с ума́.
Ве́чность и тоска́ — ох, вли́пли как!
Наизу́сть чита́ем Ки́плинга,
А круго́м — косми́ческая тьма.На Земле́ чита́ли в фантасти́ческих рома́нах
Про возмо́жность встре́чи с инозе́мным существо́м,
Мы на Земле́ забы́ли де́сять за́поведей рва́ных —
Нам все встре́чи с бли́жним нипочём!Но от Земли́ до Бе́ты — во́семь дён,
Ну, а до плане́ты Эпсило́н
Не счита́ем мы, чтоб не сойти́ с ума́.
Ве́чность и тоска́ — игру́шки нам!
Наизу́сть чита́ем Пу́шкина,
А круго́м — косми́ческая тьма.Нам приви́вки сде́ланы от слёз и грёз дешёвых,
От дурны́х боле́зней и от бе́шеных звере́й —
Нам плева́ть из ко́смоса на взры́вы всех сверхно́вых:
На Земле́ быва́ло веселе́й!Но от Земли́ до Бе́ты — во́семь дён,
Ну, а до плане́ты Эпсило́н
Не счита́ем мы, чтоб не сойти́ с ума́.
Ве́чность и тоска́ — ох, вли́пли как!
Наизу́сть чита́ем Ки́плинга,
А круго́м — косми́ческая тьма.Пре́жнего земно́го не уви́дим небоскло́на:
Е́сли ве́рить ро́ссказням учёных чудако́в,
Ведь, когда́ вернёмся мы, по всем по их зако́нам
На Земле́ пройдёт семьсо́т веко́в!То́-то есть смея́ться отчего́:
На Земле́ боя́ться не́чего —
На Земле́ нет бо́льше тю́рем и дворцо́в!
На Бо́га упова́ли, бе́дного,
Но тепе́рь узна́ли: нет его́ —
Ны́не, при́сно и во век веко́в!
Vous ne me croirez pas et ne comprendrez tout simplement pas :
Dans l'espace, c'est plus terrible encore que dans l'Enfer de Dante -
À travers l'espace-temps, emportés dans notre vaisseau spatial,
Nous dévalons comme sur nos propres fesses du haut d’une montagne.Mais de la Terre à l’étoile Bêta ça prend huit jours,
Et jusqu’à la planète Epsilon,
Mieux vaut ne pas compter pour n'pas devenir fou.
Éternité, mélancolie profonde - oh, coincés que nous sommes !
On se récite Kipling par cœur,
Alors que tout autour s’étend l'obscurité cosmique.Sur Terre on a lu, dans les romans de science-fiction,
La possibilité de rencontres avec des créatures extraterrestres,
Mais sur Terre où l’on a oublié les Dix Commandements – désuets à présent -,
On se fiche pas mal de croiser son voisin !De la Terre à l’étoile Bêta ça prend huit jours,
Et jusqu’à la planète Epsilon,
Mieux vaut ne pas compter pour n'pas devenir fou.
L'éternité et la mélancolie sont nos passe-temps !
On se récite Pouchkine par cœur,
Alors que tout autour s’étend l'obscurité cosmique.Nous étions vaccinés contre les larmes et les rêves bon marché,
Contre les mauvaises maladies et les animaux enragés,
Nous fichant pas mal depuis l'espace de toutes les supernovæ qui explosent :
Sur Terre, il se passe des choses plus drôles encore !Mais de la Terre à l’étoile Bêta ça prend huit jours,
Et jusqu’à la planète Epsilon,
Mieux vaut ne pas compter pour n'pas devenir fou.
Éternité, mélancolie profonde - oh, coincés que nous sommes !
On se récite Kipling par cœur,
Alors que tout autour s’étend l'obscurité cosmique.Nous ne reverrons pas notre bon vieux ciel au-dessus de la Terre :
Si vous croyez aux histoires d'excentriques savants,
Quand nous reviendrons, selon toutes leurs lois,
Sept cents siècles se seront écoulés sur Terre !C'est pourquoi vaut-il mieux en rire :
Il n’y a rien à craindre sur Terre -
Plus de prisons ni de palais !
Nous espérions en Dieu, le pauvre !,
Mais à présent nous savons qu’il n’existe pas,
Ni maintenant, ni à jamais, ni pour des siècles et des siècles !Source (en russe) avec commentaires :
Wysotsky.com
'L'escargot sur la pente', A. et B. Strougatsky, 1966 Vladimir Vyssotski et la science-fiction :
Vladimir Vyssotski (Владимир Семёнович Высоцкий) (1938-1980) semble s’être (entre autre) passionné pour les récits de science-fiction – particulièrement ceux des frères Strougatsky (Аркадий и Борис Стругацкиe). Lire à ce sujet (en russe) : « Le chansonnier, l’ironie néo-mythologique et la science-fiction » (Бард, неомифологичная ирония и научная фантастика).
Et selon le site Wysotsky.com, il aurait possédé dans sa bibliothèque personnelle, parmi de nombreux autres ouvrages, plusieurs recueils d'Ilya Varchavsky.
Voici une autre chanson de la même veine : ‘Dans la constellation lointaine de Tau Ceti’ (В далёком созвездии Тау Кита), composée en 1966...
Vladimir Vyssotski, Dans la constellation lointaine de Tau Ceti, 1966
(Lire – en russe – les paroles avec commentaires : Wysotsky.com)
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IIya Varchavsky – Le dictateur (08)

'Les singes bleus', d'après la fresque de la Cité d’Akrotiri (Santorin) - © Le Presse Papier Илья Варшавский - Ilya Varchavsky
Дикта́тор - Le dictateur
Восьмо́й эпизо́д - Episode huit
Положе́ние проясни́лось. Наконе́ц-то вме́сто таи́нственной, безли́кой ма́ссы галате́йцев пе́ред Лю́пусом был реа́льный обла́датель бога́тств Галате́и. В таки́х ситуа́циях он чу́вствовал себя́ как ры́ба в воде́.
- Послу́шай! - В го́лосе Э́ста появи́лись доброду́шные но́тки. - Зо́лото тепе́рь на́ше, но я не хочу́, что́бы но́вый поря́док на ва́шей плане́те нача́лся с наруше́ния пра́ва ча́стной со́бственности. Номина́льно ты оста́нешься владе́льцем зо́лота, а распоряжа́ться им бу́дем мы. С сего́дняшнего дня все сли́тки поступа́ют в фонд Промы́шленно-фина́нсового ба́нка, а ты назнача́ешься его́ дире́ктором. Ду́маю, что десяти́ проце́нтов а́кций тебе́ хва́тит.
- Отда́йте моё зо́лото! - продолжа́л крича́ть старичо́к. - Е́сли для ва́ших о́пытов ну́жно зо́лото, то я вам пригото́влю не́сколько тонн, но не ра́ньше чем че́рез неде́лю, а э́то зо́лото я сего́дня до́лжен преврати́ть в свине́ц. Вы не име́ете пра́ва заде́рживать про́бный пуск мое́й устано́вки!
- В свине́ц? В како́й свине́ц?! - Лю́пусу показа́лось, что он ослы́шался.
- В обыкнове́нный свине́ц для защи́ты реа́кторов. Я руководи́тель лаборато́рии алфи́зики и синтези́рую тяжёлые мета́ллы из ква́рцевого песка́. На пе́рвой устано́вке мы не могли́ подня́ться вы́ше зо́лота*. Э́ти сли́тки полуфабрика́т для второ́го каска́да, превраща́ющего зо́лото в свине́ц. Отда́йте мне моё зо́лото!
- Откро́й ему́ воро́та, Пи́нта.
Старичо́к вбежа́л в склад, бы́стро пересчита́л сли́тки и подпры́гивающей похо́дкой напра́вился к вы́ходу.
- Че́рез неде́льку я пришлю́ не́сколько тонн зо́лота для ва́ших о́пытов, крикну́л он Э́сту на ходу́.
Лю́пус сплю́нул и пошёл к воро́там.
- Куда́ ты, Лю́пус?
- Проси́ть у э́тих а́нгелов горю́чее для звездолёта. Реши́л отпра́виться в Страну́ Голубы́х Обезья́н.
- Но они́ же голоза́дые, ла́зят по дере́вьям и жрут каки́е-то ко́рни.
- Ничего́ не поде́лаешь, не так уж мно́го оста́лось мест в Гала́ктике, где ещё мо́жно стать дикта́тором.
- А как же я? - жа́лобно спроси́л Пи́нта.
- Ты полети́шь со мной, - отве́тил великоду́шный Эст. - Жаль, что нет Про́ха, он бы мне там то́же пригоди́лся.
* Действи́тельно, а́томная ма́сса зо́лота ме́ньше, чем у свинца́. Нуклеоси́нтез э́тих двух мета́ллов тре́бует феномена́льной эне́ргии - тако́й, как при взры́ве сверхно́вых, и в особенности для си́нтеза свинца́. Эне́ргии, кото́рой, по-ви́димому, облада́ют галате́йцы. Обрати́те внима́ние, одна́ко, что в земно́й коре́ свинца́ гора́здо бо́льше, чем зо́лота. Э́того относи́тельного изоби́лия, ка́жется, не хвата́ет на Галате́е... (примеча́ние перево́дчика)

Pour Lupus enfin tout s’éclaircissait : au lieu de cette masse mystérieuse, de cette la foule sans visage que lui paraissaient les Galatéens, il avait en face de lui le véritable maître des richesses de la planète. Cela le ragaillardit : dans de telles situations, il se sentait comme un poisson dans l’eau. Et c’est donc sur un ton bon enfant qu’à travers la grille il s’adressa au vieil homme :
- Ecoute mon bonhomme ! Cet or est à nous maintenant, mais je ne désire pas inaugurer le nouvel ordre galatéen par une violation du droit de propriété. Nominalement, tu resteras donc son propriétaire mais c’est nous qui en disposerons. Dès aujourd'hui, tous ces lingots seront déposés sur un fonds de la Banque Industrielle et Financière dont je te nomme directeur. Je pense que dix pour cent des bénéfices te sera bien suffisant...
- Rendez-moi mon or ! cria de plus belle le vieil homme. Si vous avez besoin d'or pour vos expériences, je vous en fournirai des tonnes, mais pas avant la semaine prochaine : aujourd'hui je dois transformer cet or en plomb. Vous n'avez pas le droit de retarder la mise en route de notre nouveau dispositif !
- De l’or en plomb ? ...en plomb ?! Lupus pensait avoir mal entendu. En quelle sorte de plomb ?
- En plomb ordinaire, afin de protéger nos réacteurs. Je suis le directeur du laboratoire d'alphysique. Je supervise la nucléosynthèse des métaux lourds à partir de poussières de quartz. Lors d’une première tentative, nous n’avons pu dépasser le stade de la synthèse de l'or* . Ces lingots ne sont qu’un produit semi-fini afin de synthétiser du plomb. Je vous conjure donc de me rendre mon or !
- Va lui ouvrir et laisse-le entrer, Pinta.
Le vieillard courut jusqu’aux lingots et rapidement les compta, puis, d'une démarche bondissante, regagna la sortie.
- Dans une petite semaine je vous en ferai parvenir plusieurs tonnes pour vos propres expériences, lança-t-il en sortant.
Lupus cracha et se dirigea vers la porte.
- Où vas-tu, Lupus ? lui demanda Pinta.
- Quémander auprès de ces chérubins du carburant pour notre vaisseau. C’est décidé : adieu donc Galatée et direction le Pays des Singes bleus.
- Le Pays des Singes bleus ?! Mais là-bas ils vivent culs nus, ils grimpent aux arbres et bouffent toutes sortes de racines….
- Y’a pas vraiment le choix ! Il n'y a plus guère d'endroits dans la Galaxie où on peut encore espérer devenir dictateur.
- Et moi dans tout ça ? interrogea plaintivement Pinta.
- Tu es du voyage ! lui répondit généreusement Lupus. Dommage que Charlie ne soit plus de ce monde, lui aussi m'aurait été bien utile là-bas… Allez, on décolle !
* En effet, l’or a une masse atomique inférieure à celle du plomb. La nucléosynthèse de ces deux métaux nécessite une énergie phénoménale – et d’autant plus pour le plomb - telle lors d’explosion de supernovæ. Energie dont paraissent disposer les Galatéens. Notons pourtant que, dans la croûte terrestre, le plomb est bien plus abondant que l’or. Cette relative abondance, semble-t-il, fait défaut sur Galatée... (n.d.t.)Annexe : Sommes-nous faits de poussières d'étoiles ?
En 2016, Jennifer Johnson, astronome américaine, a tenté de retracer l’origine de la plupart des éléments chimiques et propose une nouvelle lecture du Tableau périodique du savant russe Mendeleïev (Дмитрий Иванович Менделеев) de 1889.
En effet, ces éléments ont été produits dans des conditions originelles différentes :
- En Bleu Foncé : du Big Bang ; En Orange : de la fusion d’Etoiles à Neutrons ; En Jaune : de la mort d’Etoiles peu Massives ; En Rose : des Rayonnements Cosmiques ; En Vert : d'Etoiles Massives qui ont explosé en Supernovae ; En Bleu Clair : d'Explosions De Naines Blanches.
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IIya Varchavsky – Le dictateur (07)

De l'or, de l'or, de l'or doux comme du miel Илья Варшавский - Ilya Varchavsky
Дикта́тор - Le dictateur
Седьмо́й эпизо́д - Episode sept
Прошло́ ещё семь дней. Галате́йцы не появля́лись. Каза́лось, они́ соверше́нно не интересова́лись сво́им зо́лотом.
Мороси́л дождь. Пи́нта, как мо́крый воробе́й, сиде́л, втяну́в го́лову в пле́чи. Нау́ченный го́рьким о́пытом, он ве́жливо отклоня́л все предложе́ния Э́ста сыгра́ть в ка́рты.
Конча́лись запа́сы продово́льствия.
- Зна́ешь, Лю́пус, - мечта́тельно сказа́л Пи́нта, - в центра́льной тюрьме́ двена́дцати плане́т всё-таки бы́ло лу́чше, чем здесь. Кислоро́да, пра́вда, там поме́ньше, но зато́ кры́ша над голово́й, горя́чая пи́ща, а на прогу́лках мо́жно переки́нуться не́сколькими слова́ми с прия́телями и всегда́ узна́ть что-нибу́дь но́венькое.
Лю́пус презри́тельно посмотре́л на него́.
- Мо́жет быть, ты рассчи́тываешь, что твои́ по́двиги при захва́те звездолёта вы́нудят прися́жных замени́ть тебе́ сме́ртный пригово́р на обще́ственное порица́ние?
Пи́нта опусти́л го́лову.
- Коне́чно, Лю́пус, Си́них Солнц нам не вида́ть бо́льше, как свои́х уше́й, но чего́ мы добьёмся, сидя́ здесь на э́тих сли́тках? По-ви́димому, э́то зо́лото им про́сто не ну́жно. Валя́ется на скла́де без вся́кой охра́ны. Никако́й вла́сти оно́ нам не даст. Зря мы то́лько мо́кнем под дождём.
- Подождём ещё денёк. Зо́лото - э́то всегда́ зо́лото. Не мо́жет быть, что́бы они́ про него́ забы́ли.
Лю́пус был прав. К ве́черу у воро́т появи́лся парламентёр - старичо́к со слуховы́м аппара́том, оди́н из слу́шателей второ́й про́поведи Про́ха.
- Откро́йте воро́та! - кри́кнул он, стара́ясь разгляде́ть че́рез ажу́рную решётку ли́ца экспроприа́торов. - Сейча́с приду́т маши́ны за зо́лотом!
Лю́пус с пистоле́том в рука́х подошёл к воро́там.
- Как бы не так! Зо́лото тепе́рь на́ше, и вся́кий, кто попро́бует сю́да су́нуться, живы́м наза́д не уйдёт!
- Э́то моё зо́лото! - завизжа́л старичо́к. - Вы не име́ете пра́ва захва́тывать чужо́е зо́лото, э́то беспрецеде́нтный слу́чай!

Sept autres jours passèrent. Les Galatéens ne se montraient toujours pas. Ils semblaient restés complètement indifférents au sort de leur or.
Il pleuvait une fine bruine. Pinta, comme un moineau mouillé, était assis recroquevillé, la tête dans les épaules. Instruit par l’amère expérience survenue à Charlie, il déclinait poliment les offres de Lupus de jouer à nouveau au poker.
Leurs vivres s’amenuisaient.
- Tu sais, Lupus, dit Pinta rêveusement, c'était mieux là-bas, dans la prison centrale des Douze planètes. Certes, y avait moins d'oxygène, mais on avait un toit au-dessus de la tête, des plats chauds et lors des promenades, on pouvait causer avec les potes et toujours en apprendre de nouvelles.
Lupus le regarda avec mépris.
- Peut-être espères-tu que tes derniers exploits lors de la prise du vaisseau spatial conduiront le jury à commuer ta condamnation à mort en un simple blâme ?
Pinta baissa la tête.
- Bien sûr, Lupus, nous ne reverrons plus jamais les Soleils Bleus, mais qu'est-ce qu'on a à gagner à rester dans cet entrepôt les fesses posées sur ces lingots ? Apparemment, les gens d’ici se fichent complètement de leur or. Ils le laissent traîner sans aucun garde. Cela ne nous donnera sur eux aucun pouvoir. On s’est trop mouillé pour que dalle !
- Attendons encore une petite journée. De l'or ça reste toujours de l'or. Ce n'est pas possible qu'ils aient oublié ça...
Lupus avait raison. Vers le soir, un envoyé plénipotentiaire apparut à la porte de l’entrepôt. Il s’agissait du vieil homme dur d’oreille, celui qui avait suivi le second sermon de Charles Hatan.
- Ouvrez-moi ! cria-t-il, essayant d’apercevoir à travers le treillis ajouré de l’entrepôt le visage des spoliateurs. Les engins ne vont pas tarder à venir charger l’or !
Lupus s'approcha de la grille, pistolet à la main.
- Que tu le veuilles ou non, cet or est à nous maintenant, et celui qui tentera de mettre son nez ici n’en ressortira pas vivant !
- C'est mon or ! cria le vieil homme. Vous n'avez pas le droit de vous approprier comme ça l'or des autres, c’est un cas sans précédent !
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IIya Varchavsky – Le dictateur (06)

Partie de poker Илья Варшавский - Ilya Varchavsky
Дикта́тор - Le dictateur
Шесто́й эпизо́д - Episode six
Прошло́ тро́е су́ток со дня захва́та скла́да. Пока́ галате́йцы не проявля́ли по э́тому по́воду никако́го беспоко́йства.
Друзья́ сиде́ли на сли́тках зо́лота, не спуска́я глаз с закры́тых воро́т, гото́вые отрази́ть любо́е нападе́ние. Ря́дом с ни́ми лежа́ли лучевы́е пистоле́ты.
Прошли́ ещё су́тки, и постоя́нное напряже́ние на́чало утомля́ть. Что́бы скорота́ть вре́мя, Лю́пус предложи́л сыгра́ть в по́кер. Игра́ли на сли́тки.
...Шли шесты́е су́тки с нача́ла опера́ции.
- Две́сти, - сказа́л Прох.
- Пас, - отве́тил Пи́нта.
- Ещё сто, - по́днял ста́вку Лю́пус.
- И ещё сто пятьдеся́т, - доба́вил Прох.
- Откро́йся.
- Каре́ короле́й!
Лю́пус ти́хо вы́ругался. Уже́ бо́льше двух трете́й золото́го запа́са перешли́ к Про́ху. Така́я концентра́ция капита́ла и духо́вной вла́сти в одни́х рука́х создава́ла реа́льную угро́зу положе́нию дикта́тора. Эст небре́жно бро́сил ка́рты. Одна́ из них упа́ла на зе́млю. Прох нагну́лся, что́бы её подня́ть.
Лю́пус был ма́стером своего́ де́ла. Когда́ заты́лок Про́ха поравня́лся со стволо́м пистоле́та, ослепи́тельный луч проши́л наскво́зь го́лову новоиспечённого фина́нсового магна́та.
- Заче́м ты э́то сде́лал? - спроси́л бле́дный Пи́нта. - Что же тепе́рь бу́дет?
- Придётся воссоедини́ть це́рковь с поли́цией, - небре́жно отве́тил Лю́пус, порабо́таешь, Пи́нта, за двои́х.

Тrois jours s’étaient écoulés depuis l’audacieux coup de nos trois amis. Durant ce temps, les Galatéens ne semblaient toujours s’inquiéter de rien.
Dans l’entrepôt, Lupus, Charlie et Pinta, assis sur leur butin, gardaient les yeux constamment braqués vers les portes fermées, prêts à repousser toute attaque, leurs pistolets laser à portée de main.
Un jour encore passa. Et cette tension continuelle commençait à leur peser. Pour passer le temps, Lupus proposa de jouer au poker. Ils avaient suffisamment de quoi miser.
...Le septième jour, ils jouaient toujours.
- Deux cents lingots, annonça Charlie.
- Je passe, répondit Pinta.
- Cent de plus, surenchérit Lupus.
- Et encore cent cinquante, ajouta Charlie.
- Abats ton jeu, lui dit Lupus.
- Carré de rois !
Lupus jura en silence. Plus des deux tiers des lingots étaient déjà tombés dans l’escarcelle de Charlie. Une telle concentration, à la fois de fortune et de pouvoir spirituel, entre les mains d’un seul homme commençait à représenter une réelle menace pour le dictateur. Lupus jeta nonchalamment les cartes sur la table. L'une d’elle tomba par terre et Charlie se pencha pour la ramasser.
Lupus Est était passé maître en son art. Lorsque la nuque du nouveau magnat de la finance trop prestement enrichi passa à portée de tir du pistolet laser du dictateur, un rayon aveuglant lui transperça la tête.
- Pourquoi t’as fait ça ? demanda Pinta, blanc comme un linge. Qu’est-ce qu’on va faire maintenant ?
- Nous réunirons l’église et les forces de police en un seul corps, lui annonça Lupus avec désinvolture. A présent, il te faudra travailler pour deux, mon brave Pinta.
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IIya Varchavsky – Le dictateur (05)

Galatée - 5 heures du matin : l'heure sombre Илья Варшавский - Ilya Varchavsky
Дикта́тор - Le dictateur
Пя́тый эпизо́д - Episode cinq
Лю́пус Эст в бе́шенстве ходи́л по ко́мнате. Друзья́ трули́во опуска́ли глаза́, когда́ он повора́чивался к ним лицо́м. Они́ хорошо́ зна́ли хара́ктер дикта́тора.
Дела́ шли из рук вон пло́хо.
Втора́я про́поведь Про́ха собрала́ всего́ двои́х слу́шателей. Оди́н из них глухо́й старичо́к, не разобра́вший про́шлый раз ни одного́ сло́ва, пришёл с но́вым слуховы́м аппара́том, но в моме́нт наивы́сшего нака́ла ора́торских спосо́бностей Хинде́я подня́лся с ме́ста и ушёл. Второ́й (психиа́тр, брат жены́ того́ са́мого галате́йца) просиде́л до конца́, но, су́дя по многочи́сленным заме́ткам, кото́рые он де́лал в блокно́те, и попы́тке по́сле оконча́ния про́поведи прове́рить спосо́бность Про́ха запомина́ть многозна́чные чи́сла, руково́дствовался чи́сто профессиона́льным интере́сом к пропове́днику.
Не лу́чше подвига́лось де́ло у Пи́нты. Ему́ удало́сь бы́ло сколоти́ть штурмово́й отря́д из десяти́ галате́йцев, но, когда́ вы́яснилось, что речь идёт не о шту́рме одно́й из го́рных верши́н, а о каки́х-то други́х дела́х, о кото́рых Пи́нта говори́л весьма́ зага́дочно, отря́д распа́лся.
Лю́пус подошёл к свои́м помо́щникам. Те поспе́шно вста́ли.
- Да́льше так де́йствовать нельзя́, - сказа́л он, сверля́ их взгля́дом. - Ещё неде́ля, и мы ста́нем посме́шищем всей плане́ты. Необходи́мо меня́ть та́ктику. Сего́дня но́чью мы захва́тим золото́й запа́с Галате́и.
***
Бы́ло пять часо́в утра́ - са́мое тёмное вре́мя на Галате́е.
Отря́д, продвига́лся к скла́ду, сохраня́я по́лную тишину́.
Ше́дший пе́рвым Лю́пус сде́лал знак свои́м помо́щникам подойти́ к нему́ вплотну́ю.
- Стре́льбы не открыва́ть, - сказа́л он шёпотом, - охра́ну сни́мем ножа́ми. Пи́нта оста́нется охраня́ть вход, а мы с Про́хом займёмся се́йфами.
- Далеко́ до скла́да? - спроси́л прерыва́ющимся шёпотом Прох. Он о́чень уста́л тащи́ть на себе́ ква́нтовый вскрыва́тель се́йфов.
- Вот воро́та. Я иду́ пе́рвым. Сто́йте здесь. Когда́ бу́дет снят часово́й, я сви́стну.
Лю́пус исче́з во мра́ке. В ночно́й тишине́ бы́ло слы́шно то́лько тяжёлое дыха́ние Хинде́я.
Внеза́пно на скла́де вспы́хнул свет.
- Трево́га! Пожалу́й, Прох, нам лу́чше смы́ться, - прошепта́л Пи́нта. - Я так и знал, что у них там автома́тика!
- Прох! Пи́нта! - Лю́пус показа́лся в освещённых воро́тах. - Склад не охраня́ется. Зо́лото в сли́тках - пря́мо на земле́. Жми́те сюда́!

Lupus Est arpentait d’un pas furieux la pièce. Ses amis tout penauds baissaient les yeux chaque fois qu’il se tournait vers eux. Ils connaissaient sur le bout des doigts le caractère du dictateur.
Les choses allaient de mal en pis.
Sur la grand’place, le second sermon de Charles Hatan n’avait attiré que deux auditeurs. L'un d'eux, un vieil homme, dur d’oreille, qui la fois précédente n’avait rien capté du tout, était cette fois-ci venu appareillé d’une nouvelle prothèse auditive. Mais à l’acmé du discours du prédicateur, il s’était levé et était parti. Le second (un psychiatre - le frère de la femme du Galatéen que Lupus avait tenté de soudoyer) resta, lui, jusqu'à la fin. Mais, à en juger par les nombreuses notes qu'il avait prises dans son petit carnet et le fait qu’il avait proposé à Charlie, à la fin du sermon, de tester ses capacités à mémoriser des suites de nombres, il semblait que son intérêt envers le prédicateur n’avait été guidé que par des motifs d’ordre strictement professionnel.
Les choses, de son côté, n'allaient pas mieux pour Pinta. Il ne réussit à rassembler que dix Galatéens au sein de ses brigades d'assaut. Mais lorsque ceux-ci se rendirent compte qu'il ne s'agissait pas de partir à l'assaut des sommets de la planète, mais d'une toute autre forme d’assauts (à propos desquels Pinta était resté très évasif), le semblant de troupe se dispersa et Pinta ne les revit plus.
Lupus fit un pas vers ses subalternes qui se levèrent d’un bond.
- Ça n’peut pas continuer comme ça, leur dit-il en les dévisageant avec rage. Une semaine de plus et nous serons la risée de la planète entière. Il nous faut changer de tactique. Ce soir, nous ferons main basse sur leurs réserves d'or.
***
Il était cinq heures du matin - l'heure la plus sombre sur Galatée.
Dans un complet silence, une escouade de trois hommes se faufilait à pas de loup vers l'entrepôt où dormait l’or des Galatéens.
Lupus, qui marchait en tête, fit signe à ses deux complices de se rapprocher.
- N'ouvrez pas le feu, chuchota-t-il. Nous liquiderons les gardes au couteau. Pinta gardera l'entrée, tandis que Charlie et moi nous nous occuperons des coffres.
- Et il est loin encore cet entrepôt ? souffla Charles, haletant, épuisé de devoir trimballer un lourd ouvre-coffre quantique.
- Voilà la porte. Je passe le premier. Restez ici derrière. Quand la sentinelle sera neutralisée, je sifflerai.
Lupus disparut dans l'obscurité. Dans le silence de la nuit on n’entendait plus que le souffle pesant de Charles Hatan.
Soudain, dans l'entrepôt une lumière s'alluma.
- Alerte !... Peut-être, Charlie, qu’on ferait mieux de ficher le camp, murmura Pinta. Je me doutais bien que ces types étaient équipés de dispositifs de sécurité !
- Charlie ! Pinta !…
C’était Lupus qui les appelait depuis le seuil de l’entrepôt : - Il n’y a aucun garde ! La salle déborde d’or ! des lingots ! posés à même le sol ! Grouillez-vous les gars !
